Les saules (genre Salix) sont largement répandus à travers le monde. Les principales variétés utilisées pour la vannerie sont : Salix triandra, Salix viminalis et Salix purpurea. Il faut aussi citer les variétés Salix alba et S. fragilis.

Un nombre important d’hybrides ont été créés à partir de ces variétés, avec l’avantage d’être moins attaqués par les parasites et les maladies.

Chaque variété a ses caractéristiques (couleur d’écorce, longueur de brin, rendement, qualité du bois, etc). Le cultivateur (ou osiériculteur) choisit les variétés qu’il souhaite cultiver en fonction de son sol et de la demande. En Belgique, il existe une seule osiériculture professionnelle près de Lokeren : Devos Salix. Cette exploitation cultive sur de nombreux hectares quelques variétés sélectionnées pour la vannerie, l’architecture végétale, la viticulture, la biomasse.

Les Anglais ont répertorié environ 300 variétés sélectionnées dans le passé pour la vannerie, sur leur territoire et aussi sur le continent. Cette énorme diversité s’est amenuisée avec le temps et les impératifs économiques.

Choisir un site pour cultiver de l’osier

Pour une culture professionnelle, l’idéal est une plaine fertile, avec des sols bien drainés en profondeur, où l’argile et le limon se mellent. L’amateur qui souhaite cultiver à petite échelle pourra cultiver sur une grande variété de sols. Tous les autres sols agricoles ou horticoles conviendront.

Toutefois, il faut éviter :

-          un manque de profondeur de sol

-          de sols très alcalins

-          les tourbes acides

-          les sols non drainés où l’eau stagne (les sols détrempés ne conviennent pas à la culture de l’osier)

Préparer le terrain

Pour les cultures à petite échelle, il est possible (et chaudement recommandé) de se passer des herbicides si le sol est labouré sur une profondeur de 300 mm. Ceci pour enfuir les herbes et laisser aux racines du saule la place pour pousser librement.

Après cette préparation, une décision devra être prise au sujet du contrôle des adventices : méthode chimique ou méthode mécanique ?

Lorsque l’on crée une nouvelle oseraie, les jeunes boutures ont besoin du moins de concurrence possible pour développer leurs racines et leurs nouveaux rameaux (lumière, eau, nutriments).

Si l’usage des herbicides est d’usage dans les exploitations professionnelles, le recours au désherbage mécanique ou à l’utilisation d’un mulch est conseillé pour une culture de petite taille. Des cartons et divers paillages sont parfois utilisés, l’utilisation d’une bâche plastique tissée s’avère concluante pour combattre les herbes indésirables à petite échelle. De plus, cette formule permet d’augmenter la température et l’humidité du sol. Dès lors les racines se développent beaucoup plus dans la couche arable, augmentant l’absorption des nutriments et une augmentation (allant jusqu’à 50%) de la longueur des brins.

Avant d’installer la bâche, le sol sera labouré et ratissé et exempt de grosses pierres et de branches. La bâche sera tendue à l’aide de crampons.

Préparer les boutures

Pour démarrer une nouvelle oseraie à petite échelle, il est recommandé de varier au maximum les variétés plantées. Après deux ou trois saisons, il sera alors possible de déterminer les variétés qui conviennent au sol et aux besoins du cultivateur. L’oseraie pourra alors être agrandie en achetant de nouvelles boutures ou en les fabriquant soi-même. Quoi qu’il en soit, il est important de garder le plus de diversité possible pour réduire les conséquences des éventuelles attaques de maladies ou d’insectes.

Les boutures sont réalisées dans des brins d’un an. La base du brin est coupée en tronçons de 200mm à 350mm. La longueur dépend de la fermeté du sol. Au plus il sera mou, au plus la bouture sera longue. Au plus la bouture est épaisse, au mieux c’est. 5mm de diamètre est un minimum.

Il est préférable de planter les boutures dans les jours qui suivent sa préparation (il est toujours possible de les maintenir en jauge ou au frigo). On coupera sa base en biseau. Sur le dessus, elle sera coupée au dessus d’un bourgeon.

Planter

On plante de la mi-janvier jusqu’en mars, le mois idéal. A cette époque, lorsque le sol atteint la température de 5°C, les racines vont pouvoir se développer avant les nouvelles pousses. En plantant après mars, les nouvelles pousses risquent de sur-stimuler les racines et de les dessécher. Planter en automne est aussi possible, mais il y a un risque de pourriture dans les sols détrempés de l’hiver et le gel « soulève » les boutures. Donc la reprise est meilleure en plantant au printemps.

Dans les oseraies professionnelles, les boutures de 180mm à 250mm dépassent de 5mm à 25mm au dessus du sol. Certains utilisent des boutures de 300mm et laissent dépasser 100mm.

La densité de plantation fait débat. Celle-ci a des conséquences sur l’entretien de l’oseraie et aussi sur la rectitude et la qualité des brins. Il est important que les rangs soient plantés à intervalles réguliers.

Dans le passé, la culture étant manuelle, les osiériculteurs plantaient le plus densément possible : jusqu’à 300mm dans les rangs et 300mm entre les rangs (100.000 par hectare). Ce qui donne des rendements élevés et une ombre intense aux pieds pour combattre les mauvaises herbes. Avec la mécanisation, l’espace entre les rangs est passé à environ 0,6m et dans les rangs entre 0,3m et 0,6m (25.000-50.000 par hectare).

Pour une culture à petite échelle, c’est surtout une question de choix individuel. Cela peut aller de 3 à 10 plants par m².

Cultiver en mini têtards : chaque plant a une hauteur de 300mm à 1m. Avec cette technique, la récolte à la main est moins fatiguante, mais les brins sont souvent courbés à la base. Le contrôle des adventices est également plus aisé. La culture en taillis au ras du sol est plus difficile à la main mais offre un grand nombre de brins droits, fins et réguliers. Il est donc important de penser à la façon dont on va récolter avant de planter.

La forme de l’oseraie a aussi son importance. Certaines variétés poussent mieux dans des oseraies carrées et d’autres dans des oseraies linéaires et étroites. Les oseraies carrées produisent plus de brins fins et droits.

Lors de la plantation il est important aussi de penser à la compétition entre les variétés.

Dans une plantation mélangée, les variétés organisées les plus fortes seront plantées à l’extrême nord de la parcelle, les plus faibles au sud. Les boutures seront également classées par taille de l’est à l’ouest.

Récolte

L’osier est récolté tous les ans. Pour obtenir des brins plus forts (perchettes), on peut les récolter tous les deux ou trois ans.

La récolte peut se faire en hiver ou au printemps, après la chute des feuilles et avant la montée de la sève. Les brins de la première récolte sont sans valeur. Toutefois il faut les couper pour encourager la formation de beaux brins. La récolte devient bonne à partir de la troisième saison suivant la plantation. L’oseraie atteint son plein rendement entre la 5ème et la 7ème année.      

Utilisation

L’osier récolté peut être utilisé vert (vannerie, architecture végétale, etc) ou mis à séché. Pour être travaillé, il devra alors être trempé.

Remarques

Un brin d’osier (saule cultivé pour la vannerie) devra être long, droit et sans branche latérale. Si le bourgeon terminal est attaqué d’une manière ou d’une autre, une branche latérale se forme et le brin est inutilisable Si l’écorce est attaquée d’une manière ou d’une autre, le brin sera blessé et il cassera à l’usage. Protéger cette culture des attaques des insectes, des champignons et des mammifères est un chapitre vaste qui ne sera pas détaillé ici.

Dans nos régions, les chevreuils et autres cervidés sont friands des jeunes pousses de saules. Pour la protéger, des clôtures (électriques ou non) peuvent être installées. Mais ces solutions sont couteuses. Un cultivateur anglais a planté une clôture en osier vivant de 2 m de haut en S. purpurea « Goldstones ». Cet osier vigoureux, à l’écorce très amère, pousse vite et semble être une barrière efficace.

D’après « Cultivation and use of basket willows » , The basketmakers association and IACR Long Ashton Research Station, 2001